Les relations entre frère(s) et sœur(s) …

 

A l’automne 2012 nous avons accueilli Mylittlegirl dans notre famille, Myboy avait 22 mois.

A la maternité, nous avons fait grimper Myboy sur le lit pour lui présenter sa petite sœur que nous avions installée sur ses genoux, « C’est ta petite sœur mon grand, félicitations… tu es grand frère, tu aimerais lui faire un bisous ? » il lui a jeté un regard suspect et lui à quand même déposé un bisous sur le front tout en fronçant ses petits yeux…

Le jour du départ pour la maison, ma femme a voulu mettre la petite au sein avant de prendre la route et notre fils s’est exclamé : « non non elle ne doit pas manger là… » On n’imagine pas le tsunami que doit provoquer l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur…

Enfin tous à la maison

Nous voilà prêts pour notre nouvelle vie à 4 avec nos 2 bébés (oui parce qu’à 22 mois on est encore un bébé), on doit tous reprendre nos marques. Avec l’arrivée de la petite dernière, la dynamique est à nouveau chamboulée. Et surtout on souhaite aider Myboy à gérer au mieux cette transition.

Malheureusement, le soir même, nous repartions pour l’hôpital direction les urgences car Mylittlegirl avait passé 40 de fièvre…Verdict : une septicémie à 3 jours de vie… Je vous laisse imaginer l’angoisse….

Nous avons dû quitter la maison en pleine nuit et lorsque Myboy s’est réveillé, ses parents et sa petite sœur n’étaient plus là, on avait appelé sa grand-maman pour prendre soin de lui…! Nous ne pouvions faire autrement.  mais je n’ose imaginer le choc lorsqu’il s’est réveillé sans nous, malgré la présence de sa grand-mère.

Myboy est venu voir sa petite sœur à l’hôpital dès le lendemain et ceci durant 2 semaines… Il a été super et patient… Mais cela a été une période difficile pour lui, il a passé beaucoup de temps chez sa grand-mère et a certainement ressenti toute notre inquiétude pour sa petite sœur…

On rentre chez nous

Nous voilà de retour à la maison … Myboy aura attendu que sa sœur soit tirée d’affaires pour pouvoir « laisser éclater ses émotions ».

L’arrivé de sa sœur a été très perturbante pour lui. Bien qu’avec elle il était toujours très attentionné ; il lui parlait, la couvrait de bisous, il devait vivre un tourbillon à l’intérieur… Il aimait  sa petite soeur à la folie mais devait ressentir des sentiments contradictoires… et ceux-là c’est envers nous qu’il les dirigeaient… Il ne voulait plus dormir… jamais… ne plus nous quitter… plus de sieste, plus de dodo le soir ni la nuit… et lorsqu’il voulait bien s’endormir à la suite de nos mille et une tentatives créatives, il se réveillait tous les matin à 5h précise, pétante, tapante !!!

5h tous les matins pendant plusieurs mois (doit on préciser que sa sœur dormait jusqu’à 9h et qu’on aurait pu en profiter !?)

Pour la petite anecdote… un jour, ne sachant vraiment plus comment faire… après des semaines de galères au coucher et n’ayant plus une minute de repos… après avoir essayer de le rassurer, de rester avec lui, de le prendre un moment sur le canapé (oui oui on sait… ce n’était pas conseillé)… lui avoir donné des huiles essentielles (celles tolérées par les enfants évidemment) etc …. Résultat : on en pouvait plus. On l’a donc remis dans sa chambre et l’avons laissé hurler un moment … et puis là… surprise … les hurlements ont cessé d’un coup… et nous l’avons retrouvé endormi sur le sol devant les escaliers… C’est sûr qu’après plusieurs semaines de refus de dodo … ça épuise….

Ce tsunami d’émotions lié à l’arrivée de sa petite soeur, c’est sur nous qu’il s’est déversé… C’était dur mais c’est passé… Dans le fond on a eu bien de la chance qu’il l’aime autant sa petite sœur… car ce n’est pas toujours le cas… et d’ailleurs ils ont bien le droit… de ne pas aimer… et c’est bien normal.

Et aujourd’hui ?

A presque 7 et 5 ans ils sont toujours aussi complices et ils s’adorent ! Ils se chamaillent aussi ! Mais quel bonheur de les voir s’aimer… Myboy est très demandeur de sa sœur alors que Mylittlegirl a parfois besoin de ses petits moments rien qu’à elle… raison de leurs petites disputes parfois… Lui est très intense ( d’ailleurs c’est un bébé intense, vous savez un BABI= Bébé Aux Besoins Intenses, on vous en parlera dans un prochain article, un bébé qui a grandit mais qui reste parfois difficile à comprendre…).

Très dur donc pour lui de gérer lorsque sa sœur à besoin de se retirer et ne souhaite pas de câlins… Il insiste, il l’appelle… et elle ça l’agace… puis elle s’énerve… « Laisse moi tranquille » dit-elle… ( faut dire aussi qu’elle a un sacré caractère mylittlegirl… c’est vraisemblablement ce qui l’a aidé à surmonter sa septicémie ) !!! Ensuite Myboy se vexe et il est triste… Elle le console et lui dit qu’elle l’aime mais qu’elle aimerait vraiment jouer un moment seule…

 

les relations frères-sœurs oscillent généralement entre fusion et rivalité. 

Quelle influence nos frères et sœurs ont-ils sur nous et sur la construction de notre identité ?

En quoi notre rang dans la fratrie peut-il impacter nos caractéristiques psychologiques et même physiques ?

Quand les conflits viennent gangrener nos relations, comment trouver la bonne distance ? Est-ce, ou non, aux parents d’intervenir ?

L’entente entre frère et sœur dépend du caractère des enfants, mais pas que.

Provient-elle aussi de la position dans la famille ? Pas vraiment, il n’y a pas finalement pas de lien entre l’entente entre les enfants et leur position ou écart d’âge dans la fratrie… Les parents ont un rôle très important dans l’entente entre les enfants !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les parents peuvent, sans le vouloir et sans s’en apercevoir, avoir le pouvoir de rassembler leurs enfants ou de les séparer, en créant des jalousies ou en montrant des préférences. Le simple fait d’intervenir dans une dispute entre enfant et de prendre parti pour l’un « Tu arrêtes il l’avait avant », participe à cette compétition. Le simple fait d’appeler l’un de nos enfants le « créatif de la famille » peut priver les autres enfants d’occuper ce rôle et de se sentir créatif eux-mêmes. Obliger l’un à prêter à l’autre, peut renforcer sa possessivité « S’occuper davantage d’un enfant parce qu’il est plus petit. Des difficultés, ou un handicap, peut aussi engendrer chez les autres enfants le sentiment d’être mal aimé qui risque de se transformer en une succession de mauvais comportements de l’enfant pour attirer l’attention de ses parents.

Vous l’aurez compris, gérer une fratrie n’est pas simple, et mérite que l’on s’y attarde afin de faire de notre mieux pour faire de nos enfants une équipe soudée et qui invite chacun des membres à donner le meilleur de lui-même.

On vous site ici en exemple 5 règles pour ne pas laisser s’installer la jalousie entre frères et sœurs par Charlotte Ducharme, l’auteure de Cool Parents Make Happy Kids  :

1) Les laisser décider :

Ne pas prendre partie durant un conflit. Mieux vaut les laisser convenir eux même d’une solution  afin d’éviter que l’un d’eux ou les deux ait l’impression que l’autre soit privilégié. Parce que même si ce n’est pas le cas c’est le sentiment ressenti qui importe.

2) Anticiper pour éviter les jalousies :

un bout de chocolat qui traîne sur la table… Le grand le prends, sa maman lui dit : « Ta sœur n’en a pas, donne lui un petit bout ». Lui heureux d’avoir réussi à attraper ce chocolat en premier répond : « Non » . Sa sœur répond que ce n’est pas juste… La maman dit ok je vais t’en donner un. Mais occupée à préparer le départ, elle tarde et au moment où elle lui donne, son frère en veut un aussi et trouve vraiment injuste que sa sœur en ait un maintenant et pas lui…

Quand je sentais qu’il y allait avoir de l’injustice dans l’air (surtout que le carré de chocolat, c’est le TRUC le plus désiré à la maison), j’aurais dû les inciter à trouver eux-mêmes une solution ! Au moment où Léon s’empare du chocolat, j’aurais dû le stopper : « Léon, regarde Joy, la pauvre, elle n’a pas de chocolat elle, comment on fait ? » J’incite l’enfant à tenir compte de l’autre et à trouver lui-même une solution pour l’autre. L’enfant se prend souvent au jeu, trop content qu’on fasse appel à ses idées !

3) Petits et grands :

les considérer à égalité en termes d’affection : On entend souvent : « laisse la place à ton frère, il est plus petit », « c’est normal que je l’aide, il est plus petit ». Ils ne sont pas égaux dans le sens ou ils n’ont pas le même âge ni les même capacités, etc. Et si être l’aîné veut dire être moins chouchouté ce n’est pas drôle…Et cela peut donner l’impression à l’aîné d’être moins aimé et accentuer sa jalousie !

Les grands aussi ont le droit de vouloir se faire chouchouter, se faire habiller, et même de jouer au bébé. Ce n’est pas parce que l’on joue à donner le biberon à notre aîné, qu’il va régresser ! Au contraire, il risque de davantage régresser si on refuse de le chouchouter, ou pire cela peut l’inciter à râler toute la journée pour attirer l’attention de ses parents à lui.

4) Les prendre aux sérieux :

On a tout intérêt à prendre au sérieux ses souhaits de « bébé » plutôt que de les critiquer, ou à trouver avec lui des solutions alternatives qui pourraient satisfaire son souhait que l’on s’occupe de lui : « J’ai l’impression que tu trouves que je m’occupe plus de ton frère que de toi. Et si on réfléchissait à un petit moment que nous pourrions partager tous les deux chaque semaine ? Qu’est-ce que tu aimerais ? Que je m’assoie à côté de toi, tout collé, pour prendre le petit-déjeuner le matin par exemple ? (Une bonne alternative à devoir lui beurrer ses tartines, comme à son petit frère…)

5) Les combler

Les combler est un bon remède aux jalousies entre frère et sœur. Plus notre enfant sentira que l’on prendra soin de lui, que l’on lui accordera du temps, moins il comparera ce qu’on lui accorde à lui et ce que l’on accorde aux autres. Plus on prendra le temps de considérer notre enfant, de l’écouter, de jouer avec lui à ses jeux préférés, il aura davantage confiance en notre amour et sera moins disposé à imaginer que l’on a fait des choses ‘contre lui’.

N’essayons pas de donner la même chose à chacun des enfants car les frères et soeurs n’ont pas tous le même besoin d’affection. Certains se sentent davantage considérés quand leurs parents jouent avec eux, d’autres quand leurs parents parlent avec eux, d’autres quand ils leur offrent des cadeaux. L’important n’est pas de les traiter « à égalité », mais de leur donner l’attention dont ils ont besoin.

 

Et chez vous comment ça se passe dans la fratrie ?

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Bonne lecture

 

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9 Commentaires “Fratrie… entre amour et rivalité”

  1. Quand on regarde sur les photos comment se comportent tes deux amours on ne recent qu’amour.un grand Frère à toujours un instinct de protection et ce même si ton Fils était tout petit quand la maladie les a séparé, ton Fils a dû éprouver beaucoup d’émotions et une peur intense de perdre sa petite soeur. Parfois ils arrivent à nous surprendre dans leurs émotions et sentiments et peu importe l’âge j’ai bien l’impression!
    Bel article
    Un livre à acheter;)
    Bizette

  2. Un très bel article, complet et hyper intéressant ! De très bons conseils aussi… à travers les photos de tes loulous, on ressent tout l’amour qu’ils se portent et leur complicité… leur vécu doit sûrement jouer !

    Virginie

  3. Je me souviens de ma gynéco qui m’avait donné cette image pour expliquer l’arrivée d’un nouvel enfant : « Imaginez-vous que votre mari vous dise qu’il vous aime tellement fort, qu’il va prendre une autre femme avec laquelle vous allez vivre et tout partager, de la casserole au mari 😉 »
    Cette image m’avait fait sourire mais ce que l’on prend pour une chance est parfois vécu comme une trahison de la part de l’aîné.
    La fratrie est pour moi une très grande richesse. Elle évolue tout au cours de la vie.
    (Je suis la 3ème de 5 pour mon papa.)
    Mais c’est aussi un sacré job du quotidien pour épanouir chacun et les aider à trouver sa place…
    Je m’évertue chaque jour à faire de mon mieux…
    Pour le meilleur ou pour le pire… 😉
    Article très intéressant.

    1. Hello Juliette,
      Merci pour ton témoignage très intéressant. Belle formule de ta gynéco ;-)))
      Oui ma femme et moi considérons également la fratrie comme une immense richesse et nous la cultivons au
      quotidien. Ce n’est de loin pas tous les jours facile et les jalousies sont inévitables. A l’arrivée de sa soeur,
      notre fils a fait une grosse régression. Et c’est à ce moment précis qu’ils ont besoin
      d’encore plus d’attention. Comme tu l’as très bien dit, il faut chaque jour faire de son mieux.

      A bientôt 😉

  4. Merci pour cet article pleins de conseils.. Ici ce sont 3 boys mais pas toujours évident de gérer les conflits! Je fais de mon mieux :). Comme dit maman sur le fil, on ressent à travers les photos tout l’amour qu’il se porte mutuellement.. C’est beau à voir <3

    1. Hello pellicule de vie,
      Merci pour ton commentaire. Je te rassure, nous devons aussi gérer des conflits… d’ailleurs ça ne serait
      pas très sain de ne pas en avoir à gérer. Les enfants doivent tester les limites pour se situer et cela vaut
      également entre eux et parfois le conflit éclate. Merci pour ton compliment sur les photos 😉
      A bientôt

  5. Merci pour ce partage d’expérience. En effet, il n’est pas évident pour chacun de trouver sa place que la composition familiale évolue. Mes enfants ont aussi 22 mois d’écart et les débuts ont été difficiles (pour eux comme pour nous). J’imagine moi aussi l’angoisse de ton fils se réveillant sans ses parents ni sa sœur en pleine phase d' »ajustements » … mais c’est super de constater qu’ils sont proches maintenant ! J’espère qu’il en sera de même pour les miens !

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