Mentir à ses enfants ?

Voilà une question qui me travaille depuis fort longtemps… les mensonges.
Tout le problème vient du fait que si nous apprenons à nos enfants à exprimer la vérité, comment pouvons nous justifier le droit de leurs mentir.

Il existe de multiples façons de ne pas dire toute la vérité.

Omettre les détails d’un fait, éviter des sujets litigieux, cacher de l’information et mentir ou inventer des situations n’en sont que quelques exemples. «Pourquoi ment-on? Certainement parce qu’on croit qu’on obtiendra un avantage. On considère, à tort ou à raison, qu’un bénéfice supérieur nous attend comparativement à la stricte vérité.»

Nous sommes sûre que nous avons tous utilisé le mensonge ( à tort ou à raison ) au moins une fois avec nos enfants.
Y’a-t-il de bons et de mauvais mensonges ? Ce que nous savons, c’est qu’il en existe plusieurs sortent.

Chez nous, nous utilisons parfois les mensonges de manière consciente ou inconsciente. On est bien d’accord que nous ne le faisons pas dans un objectif autre qu’éducatif ( la belle excuse )… mais alors… le mensonge est-il un instrument indispensable à l’éducation de nos chérubins ??

Nous pouvons observer plusieurs types de mensonges

1 ) Certains sont plus des exagérations ou petits arrangements avec la vérité.

Il s’agit-là d’exagérer un peu les conséquences d’un acte afin de convaincre l’enfant à obéir.
Exemple :  » Si tu ne finis pas ta soupe, te ne vas pas grandir  » ou encore  » Si vous continuez à faire les fous en voiture, la police va nous arrêter « .

Personnellement je ne considère pas ça comme des mensonges à proprement parler même si le simple fait de déformer la vérité est déjà un début de mensonge en soit.

2) Certains sont des mensonges-menaces,

voir carrément du chantage. Ces mensonges-là sont plus fréquents lors d’un état de désespoir de certains parents qui tentent cette technique en dernier recours.

Exemple :  » Si tu ne n’arrête pas tout de suite, je jète la console à la poubelle » ou  » Si tu ne viens pas tout de suite, on te laisse tout seul ici  »

Ces mensonges jouent sur la peur. Cette méthode est particulièrement cruelle et à mon avis ne mène à rien et traumatise l’enfant.

3)  Les mensonges à des fins protectrices.

Beaucoup de parents l’utilisent parfois même sans s’en rendre compte. Ils ne font pas de mal aux enfants mais attention à ne pas en abuser.

Exemple :  » Tu as été incroyable durant ton match de foot  » ( alors qu’objectivement, son match a été très moyen ).

Ces mensonges sont plus des compliments ou encouragements que des mensonges, mais il faut être prudent à ne pas surévaluer ses enfants, ça ne leur rendra pas service.

 

4) N’oublions pas les fameux mensonges qui font parti de notre culture collective

A force nous ne les considérons même plus comme des mensonges ( Père Noël, la petite souris… ). Sur ce sujet les avis sont très partagés. Certains parents considèrent qu’il ne respectent pas leurs enfants en leurs faisant croire à ces légendes. Cette réaction est souvent liée à leur propre souffrance lorsqu’encore enfants ils ont appris la supercherie et l’on vécu comme une trahison. Ils avancent également l’argument du risque de moqueries à l’école de la part des camarades qui connaissent la vérité.

D’autres au contraire considèrent qu’il est important de conserver cette magie, ces mythes et qu’il s’agit plus de contes ou légendes que de mensonges.

Nathalie Mayer nous écrit dans son article consacré à la croyance du Père Noël :

« Généralement, c’est entre 6 et 10 ans que les enfants cessent de croire au Père Noël, l’âge auquel ils quittent doucement leur imaginaire d’enfant pour entrer dans un monde plus réel. Cependant, certains peuvent avoir envie de prolonger la magie un peu plus longtemps. Il peut alors être opportun de se demander pourquoi, car continuer de croire au Père Noël au-delà de cet âge peut être révélateur d’un enfant qui cherche à nier la réalité. Peut-être est-il alors souhaitable de l’amener à réfléchir à la question… Force est de constater que, finalement, la plupart des enfants acceptent bien la découverte de la non-existence du Père Noël. D’autant qu’une fois la vérité connue, l’enfant pourra se sentir comme mis dans la confidence. Il sera alors « un grand » !  »

Là où la chose devient plus compliquée, c’est quand nous utilisons ces mythes pour faire du chantage à nos enfants… Exemple :  » Si tu ne ranges pas ta chambre, le Père Noël ne viendra pas te déposer de cadeaux !  » Avec ce mensonge-chantage, l’enfant va totalement perdre confiance en nous, parents, lorsqu’il apprendra que le Père Noël n’existe pas.

Chez nous, on encourage la vérité et on essaie de montrer que le mensonge a ses conséquences.

Nous avons toujours encouragé nos enfants à dire la vérité, même s’ils font des bêtises. Ainsi nous ne vivons pas dans une atmosphère de cachotteries et de peurs. C’est d’ailleurs pour celà que je m’interroge sur l’attitude de nous, les parents, face aux mensonges-réflexe qui ne nous donnent pas l’impression de faire du mal à nos enfants.

Les mensonges sont parfois bien commodes

Ils nous donnent l’impression de nous rendre service sur le moment. Mais cela ne nous semble pas être l’attitude à adopter. Il existe beaucoup d’autres manières d’obtenir l’obéissance de nos enfants…. et cela passe avant tout par le respect mutuel, l’écoute, la bienveillance et la communication. Ils nous arrivent encore biensûre d’utiliser les mensonges lorsque nous nous sentons dépassé par la situation, mais le simple fait d’en être conscient est déjà important. Cet article n’a pas pour but de cautionner ou non les mensonges dans l’éducation, c’est simplement un questionnement personnel que nous voulions partager avec vous.

Il n’existe pas d’éducation parfaite, de parents parfaits et même d’enfants parfaits. Nous faisons toutes et tous de notre mieux. Le plus important est de toujours entretenir le respect et l’amour au sein de sa famille.

Et chez vous ? Vous arrivent-ils d’utiliser parfois le mensonge comme dernier recours ?

N’hésitez pas à nous laisser un commentaire et partagez avec nous vos expériences.

 

Blaise et Johanna

 

 

 

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2 thoughts on “Les 4 types de mensonges que les parents utilisent avec leurs enfants”

  1. On ne sait pas mentir et le loulou non plus, ça se voit tout de suite. Du coup, il sait que quand on parle, on ne rigole pas (mais on lui apprend l’ironie aussi par contre) et qu’on préfère qu’il avoue une bêtise plutôt que de mentir ou cacher.
    Pour le Père Noël ou la petite souris, on a toujours envisagé ça comme de jolies croyances et il a cessé d’y croire (seul) à 6 ans et s’en porte bien (et il aime toujours l’idée).

  2. Bonjour,
    Merci pour cet article qui me parle car j’ai encore en tête certains mensonges que l’on m’a fait lorsque j’étais enfant. Et surtout le sentiment d’incompréhension voire de dégout quand je me rendais compte de la réalité. Je perdais alors confiance en l’adulte qui me l’avait raconté. Du coup, je suis maintenant attentive à ne pas reproduire cela avec mes enfants.
    Par contre, nous adorons imaginer des histoires inventées le soir. L’important est alors qu’ils comprennent bien la frontière entre les deux.

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